Le crowdfunding immobilier connaît une crise majeure depuis 2023 : le taux de défaut sectoriel atteint 25 à 31,4 % et un projet sur trois accuse un retard de plus de six mois en 2026. Des plateformes majeures comme Koregraf (160 millions d'euros bloqués) et WiSEED ont cessé leurs activités, selon les données Hagnéré Patrimoine et AMF. Avant d'investir, vérifiez le taux de défaut historique de la plateforme et privilégiez les 61 plateformes agréées PSFP par l'AMF.
En 2026, le crowdfunding immobilier n'est plus le placement miracle qu'il semblait être au début des années 2020. Les défaillances s'accumulent, les plateformes ferment et les investisseurs découvrent les limites réelles de leurs protections. Voici ce que les chiffres révèlent sur un secteur en pleine recomposition.
Crowdfunding immobilier : un secteur sous pression en 2026
Le crowdfunding immobilier traverse une crise de confiance majeure depuis 2023. Le taux de défaut sectoriel atteint 25 à 31,4 % et un projet sur trois accuse un retard de plus de six mois. Des plateformes majeures comme Koregraf et WiSEED ont cessé leurs activités ou été placées en redressement judiciaire en 2026.
Koregraf a officiellement cessé son activité en juin 2025, laissant 160 millions d'euros de capital restant dû sur 198 projets en gestion extinctive, repris par Inter Invest. WiSEED, pionnière du secteur avec plus de 800 projets à son actif, a été placée en redressement judiciaire fin octobre 2025 avant d'être reprise par Advenis sur décision du tribunal de commerce de Toulouse le 11 décembre 2025. Ces deux fermetures symbolisent l'ampleur du choc que traverse le secteur.
La collecte recule de 8,2 % par rapport à 2024, signe que les investisseurs adoptent une posture prudente malgré des rendements bruts affichés entre 8 et 12 % par an. Le cabinet Hagnéré Patrimoine résume la situation sans détour : « En 2022, ça fonctionnait, mais la réforme fiscale récente a rebattu les cartes pour de nombreux investisseurs immobiliers. »
Avec un taux de défaut sectoriel entre 25 et 31,4 % et 160 millions d'euros bloqués chez la seule Koregraf, les crowdfunding immobilier défaillances ne sont plus des cas isolés. Elles représentent un risque systémique que tout investisseur doit intégrer dans sa stratégie, au même titre que les évolutions des dispositifs Pinel et Denormandie qui redessinent les opportunités fiscales dans l'immobilier.
Comprendre les causes des défaillances en crowdfunding immobilier
Les défaillances du crowdfunding immobilier résultent d'une conjonction de facteurs : hausse brutale des taux d'intérêt depuis 2022, effondrement des ventes de logements neufs, et projets financés au pic de l'euphorie immobilière (2021-2023) qui concentrent aujourd'hui l'essentiel des sinistres.

L'AMF a documenté ce phénomène dans son étude d'octobre 2024 : le taux de retard des projets initiés en 2021 atteint 36,9 % du nominal, contre 20,1 % pour les projets de 2020. Cette progression brutale en un an illustre l'impact direct du contexte de marché sur la qualité des opérations financées. Les promoteurs qui ont lancé leurs programmes entre 2021 et 2023 l'ont fait sur la base d'hypothèses de vente et de coûts de construction qui ne correspondent plus à la réalité de 2026.
La structure de financement d'une opération immobilière aggrave mécaniquement l'exposition des investisseurs particuliers. Le crowdfunding ne représente que 10 à 20 % du coût total d'une opération, tandis que la part bancaire couvre 60 à 70 % du financement. En cas de défaut du promoteur, la banque, créancière hypothécaire prioritaire, est remboursée en premier. Les investisseurs en crowdfunding, créanciers chirographaires, se retrouvent au dernier rang.
L'AMF a également alerté sur un paradoxe préoccupant : malgré la hausse des rendements contractuels affichés, la prime de risque réelle du crowdfunding immobilier s'est contractée. Le risque augmente plus vite que la rémunération proposée, ce qui signifie que les investisseurs acceptent objectivement moins de rendement pour davantage de risque qu'il y a trois ans.
Tableau comparatif des taux de défaut par plateforme de crowdfunding immobilier
Les taux de défaut varient considérablement d'une plateforme à l'autre. Mahana affiche le taux le plus alarmant à 45 %, suivie d'Upstone (35 %) et d'Homunity et ClubFunding (31 % chacune). À l'inverse, Pretup (6,31 %), Stomea (6,34 %) et Bricks.co (7,23 %) restent sous la barre des 8 %.
| Plateforme | Taux de défaut | Éléments notables | Statut en 2026 |
|---|---|---|---|
| Mahana | 45 % | Taux le plus élevé du secteur | En activité |
| Upstone | 35 % | Forte concentration sur la promotion neuve | En activité |
| Homunity | 31 % | 209 M€ de capital restant à verser sur 545+ projets | En activité |
| ClubFunding | 31 % | Plus de 1 000 projets financés | En activité |
| Koregraf | N.D. | 160 M€ de capital restant dû, 198 projets | Cessation juin 2025, repris par Inter Invest |
| WiSEED | N.D. | 800+ projets financés | Redressement judiciaire, repris par Advenis (12/2025) |
| Bricks.co | 7,23 % | Plateforme récente, créée en 2026 | En activité |
| Stomea | 6,34 % | Plateforme récente, créée en 2026 | En activité |
| Pretup | 6,31 % | Parmi les plus anciens acteurs (2015) | En activité |
Au 6 novembre 2025, l'AMF recense 61 plateformes agréées sous le statut PSFP (Prestataire de Services de Financement Participatif) en France. Ce statut européen, obligatoire depuis novembre 2023, impose des exigences de transparence et de gouvernance renforcées. Vérifier la présence d'une plateforme sur ce registre constitue le premier filtre à appliquer avant tout investissement.
Crowdfunding immobilier : avantages réels et risques sous-estimés
Le crowdfunding immobilier offre des rendements bruts de 8 à 12 % par an, une accessibilité dès quelques centaines d'euros et une durée courte de 12 à 36 mois. Mais le taux de perte en capital atteint 4 à 6 %, les investisseurs sont créanciers chirographaires sans garantie réelle, et le placement est totalement illiquide jusqu'à l'échéance.

- ✅ Rendement brut moyen de 10 à 11 % au S1 2025 (TRI, Forvis Mazars)
- ✅ Rendement net après PFU de 31,4 % : entre 6,9 et 8,2 % selon les projets
- ✅ Ticket d'entrée accessible dès quelques dizaines d'euros à 1 000 €
- ✅ Aucune gestion locative, aucun droit de propriété à administrer
- ✅ Non soumis à l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière)
- ✅ Cadre réglementaire PSFP européen harmonisé depuis novembre 2023
- ✅ Imputation des pertes en capital possible (case 2TY, plafond 8 000 €/an, report 5 ans)
- ✅ Projets 2026 sélectionnés avec des critères plus stricts
- ❌ Taux de défaut sectoriel entre 25 et 31,4 %, jusqu'à 45 % sur certaines plateformes
- ❌ Statut de créancier chirographaire : dernier rang en cas de faillite du promoteur
- ❌ Illiquidité totale : aucun marché secondaire généralisé, capital bloqué jusqu'à l'échéance
- ❌ Taux de perte en capital : 4 à 6 % selon Hagnéré Patrimoine
- ❌ Manque de réactivité des plateformes pour activer les garanties (hypothèques) en cas de défaut
- ❌ Prime de risque réelle contractée malgré la hausse des rendements affichés
- ❌ PFU 2026 relevé à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux, loi n°2025-1403 du 30/12/2025)
Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les intérêts du crowdfunding immobilier sont passés de 17,2 % à 18,6 %, portant le PFU total à 31,4 % (loi n°2025-1403 du 30/12/2025). Sur un rendement brut de 10 %, votre rendement net effectif ressort entre 6,9 et 8,2 % selon le montant investi et votre situation fiscale.
Comment sécuriser son investissement en crowdfunding immobilier malgré les défaillances
Pour limiter les risques de défaillance en crowdfunding immobilier, les experts recommandent de diversifier sur au moins 20 projets et 3 plateformes différentes, de ne pas dépasser 5 à 10 % de son patrimoine financier, de privilégier les plateformes à faible taux de défaut et de vérifier systématiquement la présence de garanties réelles (hypothèque de premier rang, GFA, fiducie).

- Diversifiez sur un minimum de 20 projets et 3 plateformes distinctes : la recommandation de Hagnéré Patrimoine repose sur la loi des grands nombres — un défaut isolé ne doit pas représenter plus de 5 % de votre exposition totale en crowdfunding.
- Limitez votre exposition à 5-10 % de votre patrimoine financier total : au-delà de ce seuil, les crowdfunding immobilier défaillances peuvent déséquilibrer significativement votre allocation globale.
- Vérifiez le taux de défaut historique de chaque plateforme avant d'investir : les données publiques de mai 2026 montrent des écarts allant de 6,31 % (Pretup) à 45 % (Mahana), soit un rapport de 1 à 7 entre les meilleures et les pires plateformes.
- Privilégiez les projets assortis de garanties réelles : hypothèque de premier rang, garantie financière d'achèvement (GFA) ou fiducie constituent des protections concrètes que les plateformes sérieuses mentionnent explicitement dans leurs fiches projet.
- Évitez les plateformes dont le taux de défaut dépasse 30 % : Homunity (31 %), ClubFunding (31 %), Upstone (35 %) et Mahana (45 %) dépassent tous ce seuil d'alerte.
- Ciblez les millésimes 2026 : les projets actuellement proposés bénéficient de critères de sélection durcis et d'un contexte immobilier plus sain que les opérations lancées entre 2021 et 2023, qui concentrent l'essentiel des sinistres.
- Vérifiez le statut PSFP de la plateforme sur le registre AMF : 61 plateformes sont agréées au 6 novembre 2025 — toute plateforme absente de ce registre opère en dehors du cadre légal européen.
Consultez le registre officiel des prestataires agréés sur le site de l'AMF avant chaque nouvel investissement. Le statut PSFP garantit un niveau minimal de transparence sur les projets, les risques et les frais. Sur les 61 plateformes agréées au 6 novembre 2025, certaines se spécialisent sur des segments précis (résidentiel, marchand de biens, bureaux) : choisissez celles dont le taux de défaut historique est inférieur à 10 % et dont le portefeuille actif reste gérable au regard de leurs équipes de recouvrement.
Crowdfunding immobilier en 2026 : quel avenir pour le secteur après les défaillances ?
Malgré les défaillances, le crowdfunding immobilier représente encore 54 % du marché français du financement participatif. Les projets 2026 bénéficient d'un contexte immobilier plus sain et de critères de sélection durcis. Le secteur se consolide autour des plateformes les plus solides, mais la confiance des investisseurs reste fragilisée.

La consolidation du secteur s'accélère mécaniquement : les plateformes fragiles disparaissent (Koregraf, WiSEED), tandis que les acteurs solides absorbent leurs portefeuilles en gestion extinctive. Cette sélection naturelle, douloureuse pour les investisseurs exposés, assainit structurellement le marché. Le segment résidentiel concentre 70 % des financements et reste le cœur du modèle, porté par un besoin de logements neufs que les promoteurs survivants recommencent à adresser dans un contexte de taux plus stabilisé.
Les rendements proposés sur les nouveaux projets en 2026 restent entre 8 et 12 % brut par an, mais les plateformes qui subsistent appliquent des grilles d'analyse plus strictes sur la solidité financière des promoteurs, le niveau de pré-commercialisation et la qualité des garanties. L'étude Cairn souligne que la survie commerciale des plateformes dépend directement de leur capacité à préserver la confiance des investisseurs — un alignement d'intérêts qui pousse les acteurs restants à durcir leur sélection.
Les crowdfunding immobilier défaillances des années 2023-2025 ont joué un rôle pédagogique brutal : elles ont rappelé que le rendement affiché n'est pas le rendement réalisé, et que le statut de créancier chirographaire n'est pas une position confortable en cas de liquidation judiciaire d'un promoteur. Les investisseurs qui continuent à s'exposer en 2026 le font avec une meilleure compréhension du risque réel — ce qui constitue, paradoxalement, un signal positif pour la maturité du marché.
Conclusion : ce que vous devez retenir avant d'investir
Le crowdfunding immobilier reste un outil de diversification pertinent en 2026, à condition d'en maîtriser les règles. Appliquez immédiatement les trois actions suivantes pour structurer votre approche :
- Auditez votre exposition actuelle : si vous détenez des projets financés entre 2021 et 2023, vérifiez leur statut — le taux de retard sur ce millésime atteint 36,9 % du nominal selon l'AMF. Contactez la plateforme pour obtenir un point précis sur chaque dossier en retard.
- Sélectionnez vos prochaines plateformes sur la base du taux de défaut historique : ciblez exclusivement les acteurs sous les 10 % de défaut (Pretup à 6,31 %, Stomea à 6,34 %, Bricks.co à 7,23 %) et vérifiez leur agrément PSFP sur le registre AMF.
- Calibrez votre allocation : ne dépassez pas 5 à 10 % de votre patrimoine financier total, répartissez sur 20 projets minimum issus d'au moins 3 plateformes distinctes, et n'investissez que sur des projets assortis de garanties réelles documentées (hypothèque de premier rang, GFA ou fiducie).
Questions frequemment posees
Quel est le taux de défaut réel du crowdfunding immobilier en France ?
Le taux de défaut sectoriel global atteint 25 à 31,4 % en 2026 selon Hagnéré Patrimoine. Les projets initiés en 2021, au pic de l'euphorie immobilière, affichent un taux de retard de 36,9 % du nominal financé d'après l'AMF. Le taux de perte en capital effective est estimé entre 4 et 6 %.
Quelles plateformes de crowdfunding immobilier ont fait faillite ou fermé ?
Koregraf a cessé son activité en juin 2025, laissant 160 millions d'euros de capital restant dû sur 198 projets, repris par Inter Invest. WiSEED, pionnière du secteur, a été placée en redressement judiciaire fin octobre 2025 avant d'être reprise par Advenis en décembre 2025. Parmi les plateformes actives, Mahana affiche le taux de défaut le plus élevé à 45 %.
Combien rapporte réellement le crowdfunding immobilier après impôts ?
Les rendements bruts affichés oscillent entre 8 et 12 % par an en 2026, pour un TRI moyen de 10 à 11 % brut au premier semestre 2025 selon Forvis Mazars. Après application du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, le rendement net réel se situe entre 6,9 et 8,2 % selon Hagnéré Patrimoine, sans tenir compte du risque de perte en capital.
Pourquoi autant de projets de crowdfunding immobilier sont-ils en retard ?
Les projets financés entre 2021 et 2023 concentrent l'essentiel des sinistres, coïncidant avec la remontée brutale des taux d'intérêt et le ralentissement du marché immobilier. Les promoteurs, confrontés à des coûts de construction en hausse et à des ventes ralenties, n'ont pas pu rembourser dans les délais prévus. En 2026, un projet sur trois accuse un retard de plus de six mois.
Est-ce que le crowdfunding immobilier est réglementé et sécurisé ?
Le secteur est encadré par le statut européen PSFP (Prestataire de Services de Financement Participatif) obligatoire depuis novembre 2023 : 61 plateformes sont agréées par l'AMF en France. Cependant, les investisseurs ont le statut de créanciers chirographaires, sans garantie réelle sur les actifs en cas de défaillance du promoteur, ce qui limite fortement leur protection effective.
Comment choisir une plateforme de crowdfunding immobilier fiable en 2026 ?
Vérifiez en priorité le taux de défaut historique de la plateforme : Pretup (6,31 %), Stomea (6,34 %) et Bricks.co (7,23 %) affichent les taux les plus bas du secteur selon le classement de mai 2026. Contrôlez également l'agrément PSFP sur le registre AMF, la transparence des statistiques publiées et la diversification géographique des projets proposés.



