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PFU vs barème progressif : la simulation à faire

PFU à 31,4% ou barème progressif ? En 2026, le choix n'est pas automatique. Voici la simulation à faire selon votre profil fiscal pour payer moins d'impôts.

Florence Aubertin
PFU vs barème progressif : la simulation à faire
📌 En bref

Le choix entre PFU (31,4% en 2026) et barème progressif dépend de votre taux marginal d'imposition : le barème devient avantageux si votre taux est inférieur à 6,6% pour les dividendes (grâce à l'abattement de 40%), ou inférieur à 12,8% pour les intérêts. Une simulation précise est indispensable car l'augmentation de la CSG en 2026 modifie l'équilibre fiscal pour de nombreux contribuables.

En 2026, choisir entre le PFU et le barème progressif peut représenter plusieurs centaines d'euros d'écart sur votre facture fiscale. Pourtant, la majorité des contribuables conserve le PFU par défaut, sans jamais réaliser la simulation qui permettrait de comparer les deux régimes. La hausse de la CSG rend cette vérification encore plus urgente cette année. Voici comment effectuer votre simulation PFU vs barème progressif de manière méthodique.

PFU vs barème progressif : comprendre les deux régimes en 2026

En 2026, le PFU (flat tax) s'élève à 31,4% — contre 30% avant — suite à la hausse de la CSG de 9,2% à 10,6%. Le barème progressif intègre les revenus mobiliers dans le revenu global, avec des abattements spécifiques selon la nature du placement. Le choix entre les deux régimes s'effectue une fois par an, lors de la déclaration.

Le PFU se décompose désormais en 12,8% d'impôt sur le revenu et 18,6% de prélèvements sociaux, contre 17,2% auparavant. Cette augmentation de 1,4 point modifie l'équilibre de la simulation PFU vs barème progressif pour de nombreux profils. Les contrats d'assurance vie et les produits d'épargne logement font exception : ils conservent le taux de prélèvements sociaux à 17,2%.

Le barème progressif soumet vos revenus mobiliers aux mêmes tranches que votre revenu salarial, mais avec des abattements qui réduisent la base imposable. Avant de décider entre ces régimes fiscaux, il est essentiel de comprendre comment choisir son enveloppe de placement en fonction de votre profil. Le choix est global : vous ne pouvez pas appliquer le PFU à vos dividendes et le barème à vos intérêts.

ℹ️ Bon à savoir

Un prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) de 12,8% est automatiquement prélevé à la source sur vos dividendes et intérêts dès leur versement. Ce prélèvement s'impute sur l'impôt final dû, quel que soit le régime que vous choisissez lors de votre déclaration. Si votre revenu fiscal de référence est inférieur à 25 000 € (célibataire) ou 50 000 € (couple), vous pouvez demander une dispense de ce prélèvement anticipé.

Tableau comparatif PFU vs barème progressif : les règles clés

Le PFU applique un taux unique de 31,4% sans abattement ni déduction CSG. Le barème progressif offre un abattement de 40% sur les dividendes, de 50% à 65% sur les plus-values de titres acquis avant 2018, et permet de déduire 6,8% de CSG. Les intérêts ne bénéficient d'aucun abattement dans les deux régimes.

Gros plan sur des documents de comparaison fiscale et tableaux de simulation
Gros plan sur des documents de comparaison fiscale et tableaux de simulation
Critère PFU (flat tax) Barème progressif
Taux global 2026 31,4% (12,8% IR + 18,6% PS) TMI + 18,6% prélèvements sociaux
Abattement dividendes Aucun 40% (imposition sur 60% du montant)
Abattement plus-values pré-2018 Aucun 50% (2-8 ans) / 65% (+ de 8 ans)
Abattement plus-values post-2018 Aucun Aucun
Abattement intérêts Aucun Aucun
CSG déductible Non Oui, 6,8%
Choix applicable Par défaut Option annuelle à la déclaration

L'abattement de 40% sur les dividendes au barème constitue l'avantage le plus visible pour les contribuables faiblement imposés. Combiné à la déduction de 6,8% de CSG, il crée un double effet réducteur sur la base taxable. Pour les titres acquis après le 1er janvier 2018, cet avantage disparaît sur les plus-values, ce qui rééquilibre la comparaison en faveur du PFU dès que votre taux marginal dépasse 12,8%.

La simulation PFU vs barème progressif par type de revenu

Le régime optimal dépend du type de revenu et de votre taux marginal d'imposition (TMI). Pour les dividendes, le barème est avantageux si votre TMI est inférieur à 12,8%. Pour les intérêts, le seuil est identique. Pour les plus-values, la date d'acquisition des titres est déterminante : avant ou après 2018.

Prenons un exemple concret avec un dividende de 1 000 €. Avec un TMI de 11%, le barème aboutit à un taux effectif d'environ 25,2% grâce à l'abattement de 40% et à la déduction de la CSG, contre 31,4% au PFU — soit un avantage de 6,2 points en faveur du barème. Avec un TMI de 30%, le calcul s'inverse : le barème atteint environ 35,2%, tandis que le PFU reste à 31,4%, offrant un avantage de 3,8 points au PFU.

Pour les plus-values sur titres acquis après 2018 avec un TMI de 30%, le barème applique 30% sur 100% de la plus-value, auquel s'ajoutent 18,6% de prélèvements sociaux, soit un taux effectif de 47,2% — largement supérieur au PFU à 31,4%. La simulation PFU vs barème progressif est ici sans appel.

⚠️ Attention

Intégrer vos revenus mobiliers au barème peut faire basculer votre revenu imposable dans une tranche supérieure. Un contribuable situé en limite de tranche à 11% peut se retrouver partiellement taxé à 30% sur ses dividendes, ce qui annule l'avantage théorique du barème. Simulez toujours en tenant compte de l'ensemble de votre revenu global, pas uniquement de vos revenus de placements.

Profil Type de revenu Régime conseillé Économie estimée
TMI 0% (non imposable) Tous types Barème progressif Jusqu'à 31,4 points
TMI 11% Dividendes Barème progressif 6,2 points vs PFU
TMI 30% Dividendes PFU 3,8 points vs barème
TMI 30% Plus-values post-2018 PFU 15,8 points vs barème
TMI 30% Plus-values pré-2018 (>8 ans) Barème progressif Abattement 65% décisif
TMI 41% ou 45% Tous types PFU Avantage significatif

Avantages et inconvénients du PFU et du barème progressif

Le PFU séduit par sa simplicité et son taux fixe de 31,4%, avantageux pour les contribuables fortement imposés. Le barème progressif est plus complexe mais offre des abattements significatifs — 40% sur les dividendes, jusqu'à 65% sur les plus-values pré-2018 — qui le rendent plus attractif pour les revenus faibles à modérés.

Conseiller financier analysant des documents de portefeuille et stratégie fiscale
Conseiller financier analysant des documents de portefeuille et stratégie fiscale
✅ PFU : avantages
  • ✅ Taux unique de 31,4%, simple à calculer
  • ✅ Aucune gestion d'abattements ni de dates d'acquisition
  • ✅ Optimal pour les TMI à 30%, 41% et 45%
  • ✅ Prélèvement à la source de 12,8% qui lisse la charge fiscale
  • ✅ Même traitement pour dividendes, intérêts et plus-values
❌ PFU : inconvénients
  • ❌ Taux plancher de 31,4% pénalisant pour les faibles revenus
  • ❌ Aucune déduction de la CSG (6,8% perdus)
  • ❌ Aucun abattement sur les dividendes (contrairement aux 40% du barème)
  • ❌ Hausse de 1,4 point en 2026 par rapport à l'année précédente
  • ❌ Inadapté aux contribuables non imposables
✅ Barème progressif : avantages
  • ✅ Abattement de 40% sur les dividendes
  • ✅ Abattement de 50% à 65% sur les plus-values de titres pré-2018
  • ✅ Déduction de 6,8% de CSG sur la base imposable
  • ✅ Taux effectif faible pour les contribuables à TMI 0% ou 11%
  • ✅ Adapté aux investisseurs long terme sur titres anciens
❌ Barème progressif : inconvénients
  • ❌ Complexité des calculs avec abattements variables selon le type de revenu
  • ❌ Risque de basculer dans une tranche supérieure d'imposition
  • ❌ Aucun abattement sur les intérêts ni sur les plus-values post-2018
  • ❌ Désavantageux dès que le TMI dépasse 12,8%
  • ❌ Choix global : impossible de panacher selon les revenus

Comment réaliser votre simulation PFU vs barème progressif étape par étape

Pour simuler le régime optimal, identifiez votre TMI, listez vos revenus mobiliers par catégorie (dividendes, intérêts, plus-values), appliquez les abattements du barème, déduisez la CSG de 6,8%, puis comparez le total avec le PFU à 31,4%. L'option barème est avantageuse si le résultat est inférieur.

Écran d'ordinateur affichant un logiciel de simulation fiscale et calculs de revenus mobiliers
Écran d'ordinateur affichant un logiciel de simulation fiscale et calculs de revenus mobiliers
  1. Identifiez votre tranche marginale d'imposition (TMI) en consultant votre avis d'imposition N-1. Les tranches 2026 sont 0%, 11%, 30%, 41% et 45%. C'est le paramètre central de toute simulation PFU vs barème progressif.
  2. Listez et catégorisez vos revenus mobiliers en trois colonnes distinctes : dividendes perçus, intérêts encaissés, plus-values réalisées. Chaque catégorie obéit à des règles d'abattement différentes.
  3. Vérifiez la date d'acquisition de vos titres pour chaque ligne de plus-values. Les titres acquis avant le 1er janvier 2018 ouvrent droit à un abattement de 50% entre 2 et 8 ans de détention, et de 65% au-delà. Ceux acquis après cette date n'en bénéficient pas.
  4. Calculez l'imposition au barème en appliquant l'abattement de 40% sur vos dividendes, les abattements pour durée de détention sur vos plus-values éligibles, puis en multipliant par votre TMI. Déduisez ensuite 6,8% de CSG de la base imposable et ajoutez 18,6% de prélèvements sociaux.
  5. Calculez l'imposition au PFU en appliquant simplement 31,4% sur le montant brut total de l'ensemble de vos revenus mobiliers, sans aucun abattement ni déduction.
  6. Comparez les deux résultats et optez pour le régime le moins coûteux. Si le barème est plus favorable, cochez la case dédiée lors de votre déclaration de revenus. En l'absence de choix, le PFU s'applique automatiquement.
💡 Astuce

Si votre revenu fiscal de référence est inférieur à 25 000 € en tant que célibataire (ou 50 000 € en couple), vous pouvez demander à votre établissement financier une dispense du prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8% prélevé à la source sur dividendes et intérêts. Cette démarche améliore votre trésorerie en cours d'année et simplifie le solde à régulariser lors de la déclaration. La demande doit être formulée avant le 30 novembre de l'année précédant celle du versement.

Conclusion : agissez avant de cocher la mauvaise case

La simulation PFU vs barème progressif n'est pas une formalité réservée aux experts fiscaux : c'est une vérification accessible à tout contribuable disposant de revenus de placements. En 2026, avec un PFU à 31,4%, l'écart avec le barème peut dépasser 6 points pour un contribuable à TMI 11% percevant des dividendes. Identifiez votre TMI, catégorisez vos revenus, vérifiez la date d'acquisition de vos titres, puis comparez les deux calculs avant de valider votre déclaration. Si le barème ressort gagnant, une simple case à cocher suffit à réaliser l'économie — sans démarche supplémentaire.

Questions frequemment posees

Quel est le taux du PFU en 2026 et comment se décompose-t-il ?

Le PFU atteint 31,4% en 2026, composé de 12,8% d'impôt sur le revenu et 18,6% de prélèvements sociaux. Cette augmentation de 1,4 point provient de la hausse de la CSG, passée de 9,2% à 10,6%. Exception : les contrats d'assurance vie et l'épargne logement conservent un taux de prélèvements sociaux de 17,2%.

Quels abattements s'appliquent au barème progressif pour les revenus mobiliers ?

Le barème progressif offre un abattement de 40% sur les dividendes (imposition sur 60% seulement), aucun abattement sur les intérêts, et un abattement sur les plus-values uniquement pour les titres acquis avant 2018 (50% pour 2-8 ans de détention, 65% au-delà). Les titres acquis après 2018 ne bénéficient d'aucun abattement.

À partir de quel taux marginal le barème progressif devient-il plus avantageux que le PFU ?

Pour les dividendes, le barème devient avantageux si votre taux marginal est inférieur à 6,6% (soit la tranche 11% × 60% après abattement). Pour les intérêts, le seuil est 12,8%. Vous devez également tenir compte de la déduction CSG de 6,8% au barème, inexistante au PFU.

Peut-on appliquer le PFU à certains revenus et le barème à d'autres ?

Non, le choix est global et s'effectue une fois par an lors de la déclaration annuelle. Vous ne pouvez pas appliquer le PFU à vos dividendes et le barème à vos intérêts : c'est l'un ou l'autre pour l'ensemble de vos revenus mobiliers.

Qu'est-ce que le prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) et comment fonctionne-t-il ?

Le PFNL de 12,8% est automatiquement prélevé à la source sur vos dividendes et intérêts dès leur versement. Ce prélèvement s'impute sur l'impôt final dû : si vous optez pour le barème et que votre imposition réelle est inférieure, vous êtes remboursé ; si elle est supérieure, vous devez compléter.

Pourquoi faut-il refaire la simulation en 2026 même si on avait choisi le PFU avant ?

L'augmentation de la CSG en 2026 (+1,4 point) modifie l'équilibre fiscal. De plus, votre situation personnelle évolue (revenus, taux marginal). Une simulation annuelle est recommandée pour vérifier que votre régime reste optimal et potentiellement économiser plusieurs centaines d'euros.

Avertissement AMF : Cet article revêt un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil en investissement, ni une recommandation d'achat ou de vente. Les investissements comportent des risques de perte en capital. Rapprochez-vous de votre conseiller en gestion de patrimoine avant toute décision.
Florence Aubertin

Florence Aubertin

Notaire associée d'une étude parisienne du VIIIème arrondissement spécialisée en patrimoines internationaux, Florence Aubertin pratique le droit de la transmission depuis vingt-deux ans. Membre du Comité scientifique de l'Institut de la Famille et du Patrimoine.

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